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 Now we got bad blood (ashora)

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Message Now we got bad blood (ashora)    • Dim 11 Juin - 14:19    

A quand remontait sa dernière rencontre avec Ash ? Combien de temps s'était-il écoulé depuis leur dernière entrevue, sans qu'il ne soit sous forme d'hologramme ? Quand avait-elle pu profiter pour la dernière fois de son sourire ? Ce sourire dont elle avait l'exclusivité sur Corellia. Avec le recul, Gamora se rendait compte d'un million de choses et surtout de tout ce que son meilleur ami avait fait pour elle, alors qu'elle n'était plus que l'ombre d'elle-même, dans leur chambre d'hôtel trop grande pour eux deux.

Depuis peu, la jeune femme avait retrouvé les terrains d'entraînement, et le désir de céder à la proposition de Grant était de plus en plus marquée. Elle se voyait bien à ses côtés, reprendre le Commando Rage, retrouver l'armée qui l'avait vue évoluer, celle pour laquelle elle avait toujours été entraînée depuis son plus jeune âge par son père. S'il avait été encore vivant, le Général Kelso se serait contenté d'un « pas trop tôt », en songeant à quel point sa fille était sa plus grande déception. Gamora n'avait jamais été aussi heureuse de le savoir six pieds sous terre. Et puis, avec cette mutation, elle était plus proche de son groupe d'amis.

Ash lui manquait, c'était évident. Ils ne se parlaient que de manière occasionnelle, chacun accablé par ses obligations, dans leur faction personnelle. Cependant la brune tentait de maintenir le contact avec lui, et si elle n'avait pas de ses nouvelles, elle se tournait vers Kyber, qui saurait toujours où le trouver. D'ailleurs, c'était lui qui l'avait contactée, aujourd'hui. Il avait ouï dire récemment que Ash avait un comportement assez différent qu'à l'accoutumée, lui qui se montrait si froid et obéissant d'habitude était devenu un volcan d'émotions. La Commandante ne pourrait pas l'en blâmer : elle-même s'était retrouvée affabulée d'un petit surnom reflétant son instabilité. Et Kyber était au courant, bien plus que n'importe qui des déboires psychiques qu'accumulaient Ash et Gamora. Pourtant, il avait estimé qu'il devait s'adresser à sa meilleure amie, le complément de leur trio.

Lorsqu'elle avait intercepté le message que Kyber lui avait adressé, elle était restée interdite. Ash venait d'être mit au courant du retour de Gamora sur Borosk, après son enlèvement par la Résistance. La bataille de Theed remontait déjà à deux mois, et la mission de sauvetage ayant conduit au retour de la brune datait à peine d'une semaine. Pourtant, Ash n'avait jamais donné signe de vie. Gamora ne pouvait pas lui en vouloir, après tout, elle-même était restée plutôt à l'écart de ses congénères, le seul qui avait eu l'audace de s'approcher étant Wes Vassian. Enfin, peu de choses laisserait à l'écart le Chevalier de Ren, quand il s'agissait de la Commandante Kelso. Si Ash ne venait pas la voir, c'était simple, elle ferait le déplacement elle-même. Il en avait sans doute besoin. A partir du moment où Kyber en était arrivé au point de contacter Gamora, c'était que la situation le nécessitait. D'ailleurs, même si les souvenirs de sa libération n'étaient pas très clairs, la jeune femme ne se rappelait pas avoir vu Ash parmi le groupe qui était venu la récupérer. Elle ne lui en voulait pas, évidemment ; elle n'avait pas prit la peine de se renseigner sur les raisons de chacun de participer à l'expédition, et encore moins comment cela s'était organisé au nez et à la barbe de leurs supérieurs.

Kyber lui avait fait parvenir la position des quartiers de son ami. Il était certain qu'il y avait des avantages à être ami avec Argyus : même si ce dernier était assez difficile à accepter, à supporter et à décrypter, il n'en restait pas moins très généreux avec les gens qui avaient réussi à briser sa carapace, ce qui avait été le cas du trio lors de leur apprentissage à l'Académie du Premier Ordre. Aussi, sa gratitude se montrait sous de nombreux aspects malgré qu'il soit aujourd'hui un homme très occupé : Ash avait ses propres quartiers, et Gamora pouvait avoir des accès à un nombre incalculable d'avantages pour poursuivre son entraînement avant de devoir prouver qu'elle était en pleine possession de ses moyens pour rejoindre les Rage. D'ailleurs, cet ultime test était surtout une formalité : personne ne doutait des capacités de combat et de stratégie de la jeune femme, même si elle n'en payait pas de mine physiquement.

C'est ainsi qu'elle s'était retrouvée devant les quartiers de son ami, alors qu'ils ne s'étaient pas vus en face à face... Eh bien, un peu après leur retour de convalescence. Elle n'était pas spécialement prête à l'affronter, mais elle n'avait pas totalement le choix : d'après Kyber, il avait besoin d'elle autant qu'elle avait besoin de lui, situation qu'ils avaient déjà connu sur Corellia. Alors, elle s'annonce. « Gamora Kelso. » La Commandante avait parfaitement le droit de faire irruption dans les quartiers de Ash comme bon lui semblait, Kyber lui ayant fourni les droits nécessaires, mais elle ne prit pas la peine de faire une chose pareille, ayant assez de respect pour Ash, et éviter de s'introduire dans son intimité de manière arbitraire. Il viendrait lui ouvrir dans peu de temps, et la jeune femme se demandait encore comment elle pourrait débuter une conversation après tout ce temps. Finalement, lorsqu'il apparut devant la porte, la seule chose qu'elle trouve à dire est « Ash, je suis si heureuse de te voir. » Le sourire sincère qui était apparu sur ses lèvres, ne pourrait jamais démentir ses propos : il n'y avait qu'avec lui qu'elle pouvait se montrer si heureuse. Elle voulait le prendre dans ses bras mais... Quelque chose l'en empêchait. « Kyber m'a dit que tu étais ici. » se sentait-elle obligée d'ajouter pour expliquer sa présence.

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Message Re: Now we got bad blood (ashora)    • Dim 11 Juin - 22:26    

Éradiquer une fâcheuse manie qui le possédait depuis quelques-temps ; passer un temps considérable sous la douche. Si auparavant il se savonnait en quatrième vitesse et prenait à peine le temps de passer le jet d’eau sur l’ensemble de son corps, à présent, il était capable de n’en ressortir qu’une vingtaine de minutes plus tard ; sa réflexion semblait s’épanouir dans la chaleur humide, les yeux fermés pour fuir les malencontreuses gouttes qui se faufileraient jusqu’à ses iris. La paume de la main appuyée au mur froid, il méditait. Son esprit ressassait la multitude de flashbacks qu’il abritait, inlassablement. A ce moment-là, il détestait sa capacité de mémorisation, mais ne fuyait pourtant pas. Tout son être était un ensemble de contradictions, c’était indéniable.

Depuis quelques jours, une colère qu’il n’abritait plus que rarement le possédait. Cela faisait un long –bien trop long– moment qu’il n’avait plus eu l’occasion de se trouver en présence de sa meilleure amie. Ils avaient pu se voir par hologrammes, discuté un peu. Seulement, c’était loin d’être suffisant. Au retour de Corellia, on les avait séparés ; Gamora du côté de la flotte, et Ash parmi les soldats, comme avant. Et, mine de rien, cet éloignement forcé avait été loin de lui faire du bien. Les insomnies provisoirement écartées étaient revenues à la charge, ne lui laissant que très peu de répit. Mais le pire était certainement ce manque qui ne le quittait plus, ainsi que cette incompréhension, ce doute constant. Il avait besoin de son point d’ancrage, il avait besoin d’elle ; ce n’était même plus une idée abstraite, mais bel et bien une évidence. Ce qui le poussait à se questionner sans cesse à son propos, c’était cette incapacité à mettre des mots sur les sentiments qu’il éprouvait à son égard, depuis des années maintenant… amitié, estime, attachement, reconnaissance, admiration, volonté de protection… amour ? Etait-ce seulement possible ? Ne songeait-il pas à ce mot uniquement car les émotions représentaient l’inconnu, sans trop savoir ce que cela pouvait impliquer ? C’était fort probable, mais pas tout-à-fait évident. Il y avait un élément qu’il n’arrivait à saisir, alors il torturait son cerveau autant que possible, peut-être dans l’espoir d’en saisir toute la subtilité, un jour… peut-être.

Pour en revenir à son irritabilité, la raison en était on ne peut simple. La commandante Kelso avait été envoyée en mission il y avait deux mois de cela. Là-bas, elle avait failli perdre la vie, d’après ce qu’on disait ; le fait était qu’elle avait été capturée par la Résistance, au nez de ses comparses. Et le pauvre Ash avait été mis au courant de ce petit contretemps, mais des semaines plus tard, alors qu’il s’étonnait de ne plus avoir de nouvelles de sa protégée. Inutile de préciser qu’il avait eu un mal fou à contrôler ses pulsions violentes à ce moment, défoulant ses poings serrés à s’en faire mal sur le premier mur venu, écopant d’ailleurs de jolis hématomes heureusement bénins. Néanmoins, la deuxième trahison fut plus violente, plus soudaine. Bien plus douloureuse. Alors qu’il trépignait car personne n’ordonnait un sauvetage express, il devenait fou. Plusieurs fois, ses sentiments faillirent prendre le dessus, mais il put compter sur son instinct pour lui rappeler que prendre un vaisseau pour se rendre au sein de la Résistance seul était une très mauvaise idée. Il patientait, s’inquiétant chaque jour un peu plus pour le destin de Gamora, sa meilleure amie, la personne qui comptait le plus. Quand il apprit de la part de Kyber, son général et ami le plus proche, qu’une équipe était partie à la recherche de la jeune Kelso dans le plus grand des secrets, et qu’elle était de retour grâce à eux, ce fut le coup de grâce. Argyus n’avait pas compris la réaction du blond ; Gamora était saine et sauve, et il pétait complètement les plombs. Mais qui avait-il de si compliqué à saisir ? Il s’était rongé les ongles à sang en songeant à ce qu’elle pouvait vivre, sans même savoir si elle était encore en vie. Il avait passé les pires semaines de son existence, partagé entre le désir d’agir et celui de mourir d’inquiétude. Et on venait tranquillement lui apprendre que d’autres avaient programmé un sauvetage sans lui. Ici, personne n’était dans l’ignorance du lien qui les liait, alors pourquoi personne n’avait songé à le mettre au courant, lui, l’homme le plus soucieux de la sécurité de la commandante ? La situation le dépassait complètement, la rancœur et la culpabilité le rongeait. Que pouvait bien penser son amie de lui, lui qui n’était même pas venu la délivrer avec les autres ?

A peine sortait-il de la douche, vêtu mais les cheveux encore gorgés d’eau, qu’une voix résonna dans la pièce pour lui annoncer une visite tout-à-fait inattendue. Depuis qu’il savait qu’elle se trouvait à nouveau sur Borosk, Ash n’avait pas repris contact avec la brune. Il en avait eu envie, certes, mais l’appréhension lui nouait les entrailles. Est-ce qu’elle lui en voulait d’avoir joué au mort, même involontairement ? N’ayant d’autre choix que de l’accueillir, il prit une longue et profonde inspiration en se dirigeant vers la porte d’entrée. Il l’ouvrit doucement, sans précipitation, se préparant au mieux aux traits furieux qu’il trouverait derrière le battant. Contre toute attente, la jeune femme affichait ce sourire qui lui avait tant manqué, celui qu’il savait vrai. Brusquement, toutes les craintes qui l’habitaient s’évanouir et il expira longuement de soulagement, soufflant ; « Gamora… » Il haussa simplement les épaules en réponse à la justification de sa présence, souriant à son tour, faiblement mais pas moins sincèrement. Puis, après une brève hésitation, il finit par s’approcher et passer ses bras autour d'elle, l’entraînant contre lui dans une étreinte qu’ils n’avaient plus partagée depuis une éternité. « Bon sang, ça fait tellement longtemps… » soupira-t-il en fermant les yeux, soulagé comme il l’était rarement. Garder le contact était une bonne chose, mais rien ne remplaçait une véritable présence physique. Il finit par se détacher, à contrecœur, s’écartant pour laisser le passage disponible. D’un geste de la main, il l’invita à entrer.

Ils s’installèrent sur le canapé du salon et Ash jugea bon de ne pas lui poser de questions. La situation était délicate, mieux valait constater d’abord si elle souhaitait en parler ou non. « Tu penses quoi de la déco ? Plutôt moche, non ? J’veux dire, pas spécialement mon style… » En réalité, ce n’était pas assez sobre. Les couleurs n’étaient pas nombreuses, mais déjà trop présentes pour lui...
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Message Re: Now we got bad blood (ashora)    • Lun 12 Juin - 15:24    

Comment avait-elle pu oublier la si douce et agréable sensation que faisait naître la présence de son ami dans son cœur ? Ils avaient cohabité si longtemps tous les deux qu’elle s’était habituée à lui et à ses habitudes de vie. Mais se retrouver ainsi séparés de manière brutale lui avait fait changer sa vision des choses. Il avait toujours ce petit air d’oiseau tombé du nid alors qu’il pouvait se révéler un guerrier exemplaire. C’est cette demi-innocence dans ses traits qui dénotait avec le reste. Ses cheveux étaient encore mouillés, et l’humidité de sa peau avait légèrement imprégné ses vêtements. Gamora pouvait deviner ses muscles sous l’étoffe qu’il portait. Principalement parce qu’elle avait eu le temps de les détailler pendant leur convalescence, où ils n’embarrassaient que peu de vêtements lorsque qu'ils étaient dans l’intimité de leur chambre d’hôtel.

Lorsque qu'il apparaît enfin dans l’encadrement de la porte, il sourit, tout comme elle, et ils échangent une brève accolade, mais qui doit se terminer assez vite. Même si elle est fort agréable, Gamora est rattrapée par la douleur qui s’élance dans son bras pourtant soigné. Les brefs soins dont elle avait bénéficié chez les Résistants, et ceux qui avaient eu lieu à Borosk à son retour n’avaient pas eu raison des quelques douleurs qui subsistaient. Trois côtes brisées, l'épaule droite disloquée, une blessure au couteau sur la main gauche aggravée, multiples scarifications, hématomes divers sur  le visage et autres parties du corps, traumatisme crânien, et menace de relation intimes forcées à l’aide d’une barre de fer. Elle récitait son rapport médical mentalement à chaque fois, comme si elle avait du mal à croire qu’il s’agissait bien là du sien. La seule fois où elle l’avait prononcé à l’oral était face au groupe d’interrogatoire qui avait eu le plaisir de lui demander des détails sur sa captivité.

Mais pour le moment, la Commandante devait faire taire ses souvenirs et s’occuper de la raison qui l’avait menée jusqu’ici. Kyber avait insisté sur le fait que le comportement de Ash aurait tôt ou tard des répercussions néfastes. Il fuyait systématiquement toute aide qui pouvait lui être proposée, mais Argyus avait bon espoir que leur meilleure amie réussisse là où tant d’autres avaient échoué. Rien que la présence de la jeune femme avait l’air d’avoir débloqué quelque chose chez le soldat, comme un soulagement au-delà de tout ce que pouvait lui apporter l’entraînement. Gamora entrait alors dans les quartiers de son ami, et vint s’installer avec lui. Elle ne savait pas trop par où commencer, après tout, comment pouvait-elle lui dire de façon agréable « quelque chose ne va pas chez toi » ? Surtout que cela serait complètement débile. Quelque chose n’allait pas chez eux deux, de manière équitable.

Ash prend les devants en orientant la conversation vers un sujet trivial, et Gamora le remercie intérieurement pour ça, car elle n’avait certainement pas eu le temps de choisir ses mots avec suffisamment d’attention pour que cela se déroule comme elle le souhaitait. Observant la pièce dans laquelle ils se trouvaient, elle détaille chaque petit recoin. Comme il fallait s’en douter, Ash n’était pas du genre à faire attention à son environnement. En réalité, il avait le confort d’être seul dans un endroit, et c’était largement suffisant, vu le peu de temps qu’il devait y passer. C’était juste bien plus agréable d’être déplacé ici que dans un dortoir collectif avec des gens qui pouvaient ne pas surveiller leurs paroles, chose parfois extrêmement délétère lorsqu’Ash était concerné ou qu’il n’aimait pas ce qu’il entendait. « C’est sûr que c’est loin d’être aussi beau que notre chambre sur Corellia. » Un léger ricanement accompagne cette phrase, alors qu’elle se redresse afin se poser ses coudes sur ses genoux, et sa tête ainsi soutenues par ses mains. « Il faut qu’on parle un peu.»

Gamora n’avait jamais eu pour réputation d’être quelqu’un qui prenait son temps pour arriver aux sujets fâcheux. En réalité, si elle pesait ses mots cette fois-ci, c’est que son interlocuteur n’était pas n’importe qui et qu’elle était consciente qu’elle marchait sur un terrain glissant. Rassemblant toute la diplomatie dont elle était capable, elle redressait la tête et vint poser la main sur la sienne. Contact longuement perdu mais qu’ils avaient l’habitude d’avoir. La jeune femme vint mêler ses doigts à ceux du blond avec une douceur qui ne lui ressemblait guère. Ses yeux vinrent à la rencontre du regard creusé de son ami, et enfin, elle prononce les mots pour lesquels elle était venue jusqu’ici : « Kyber m’a dit que tu étais perturbé en ce moment. Je suis désolée de ne pas avoir pu te rendre visite plus tôt… Mais je ne pouvais pas me présenter à toi avec toute les blessures que j’avais accumulées après la bataille de Theed. » La brune évitait soigneusement le sujet des tortures qu’elle avait subies, par respect pour son ami. Puis elle embraye avant qu’il ne puisse répondre : « Je suis contente qu’ils ne t’aient pas déployé sur le terrain. J’y étais, et ce que j’ai vu tout ce qui s’y est déroulé. Je n’aurais pas été tranquille si je t’avais su parmi l’une des formations sur place, même si je sais que tu en as les capacités. Tu es un excellent soldat. » Elle laisse le silence planer quelques secondes afin de jauger la réaction de Ash. Mais sa tirade étant loin d’être terminée, elle achève son monologue : « Kyber m’a dit que tu n’étais pas au courant pour l’escouade envoyée sur Fenves pour me récupérer. Ce n’est pas de ta faute. » Voilà. Elle l’avait dit. Car c’était le sujet principal qu’avait abordé le Général Argyus : Ash était entré dans une colère sourde lorsqu’il avait appris la nouvelle, au lieu de se réjouir comme s’était attendu l’homme qui le lui avait annoncé. « Ash ? » Sa voix se fait doucereuse. Gamora relève une main jusqu’au visage de son ami, pour la poser sur sa joue et la maintenir dans sa direction. « Tu veux m’en parler ? »

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Message Re: Now we got bad blood (ashora)    • Lun 12 Juin - 22:27    

Posséder ses propres appartements était tout de même un sacré avantage dont il n’aurait jamais pu profiter si Kyber n’était pas comme une sorte de frère de cœur pour lui. Contrairement à la grande majorité qui rencontrait le désormais nommé général, le blondinet n’avait été nullement repoussé lorsqu’il s’était décidé à approcher le jeune homme. Il fallait reconnaître qu’il avait un comportement particulier, certainement difficile à supporter pour certains. Mais Ash ne s’en était pas trouvé impressionné, au contraire ; son nouvel ami était quelqu’un de fort et d’unique, et, en tant que troisième membre de leur petit cercle, il ne le laisserait jamais s’échapper. Tout comme Gamora. Ils étaient trop essentiels, trop indispensables.

S’il était plutôt satisfait d’être enfin débarrassé des ronflements incessants n’aidant pas à la réparation du manque de sommeil, il fallait bien avouer que la solitude lui pesait, parfois. Peut-être était-ce la raison pour laquelle il allait si mal ces derniers-temps. Peut-être que, finalement, les discussions de ses coéquipiers le soir, celles qu’il abhorrait tant, lui manquaient quelque peu. Dans un sens, elles lui avaient permis de se rassurer sur le fait qu’il n’était pas tout seul, qu’il ne le serait jamais. Désormais, ses nuits à lutter, il les passait seul.

Un sourire cynique prit place au coin de ses lèvres lorsque la brune fit allusion à Corellia. Leur chambre d’hôtel là-bas était magnifique, très luxueuse. Elle aurait presque pu être parfaite pour un voyage de noces, mais certainement pas pour une convalescence partagée. Toutes les fioritures qu’elle abritait avait bien souvent poussé le blessé à quitter l’endroit pour se promener, sentir l’air frais caresser ses joues. Ainsi, il pouvait souffler un moment, tout en sachant pertinemment qu’à son retour auprès de la douce, elle n’aurait pas bougé. Et recommencerait l’éternel cercle vicieux ; la tentative vaine de converser, puis celle de faire renaître son appétit. Puis, indéniablement, la recherche acharnée du sommeil, bercé par les bras de l’autre.

Ils auraient pu continuer à parler décoration pendant un petit moment que cela ne l’aurait pas dérangé. Une discussion en apparence banale entre deux amis de longue date. Il aurait pu s’en contenter, les sourires de son interlocutrice suffisant à le détendre. Seulement, Gamora ne semblait pas du même avis, et la suite de ses propos ne lui plut pas du tout. Ses bras furent pris d’un faible soubresaut et ses poings se crispèrent, agrippant inconsciemment le tissu recouvrant ses genoux. Ce genre de phrase d’accroche n’était jamais bon signe, même un novice en relations sociales comme lui pouvait s’en douter. Les précédentes paroles de la brune lui revinrent alors en mémoire, et il y accorda cette fois-ci plus d’attention. Il fallait s’en douter ; c’était Kyber qui l’avait envoyée ici. Serait-elle venue tout de même si cela n’avait pas été le cas ? Pour son bien-être personnel, il décida d’écarter cette interrogation de son esprit, mieux valait ne pas s’embarquer dans des interprétations à coup sûr foireuses. Il effectua une faible pression sur les doigts que Gamora avait mêlés aux siens, rituel qu’ils partageaient depuis quelques années et qui avait le don de l’apaiser. Néanmoins, il ne put s’empêcher de détourner le regard lorsqu’elle tenta d’établir un contact visuel. Il ne se sentait plus si détendu que ça. La discussion semblait prendre le tournant qu’il redoutait. Leur ami avait dû faire part à la jeune femme du comportement étrange de Shepard et elle venait tenter de comprendre. C’était si évident, si prévisible. Bien évidemment, ses mots confirmèrent ses prédictions et il dut se faire violence pour chasser les images horribles que son cerveau créait au sein de sa boite crânienne. Elle était torturée, violentée, persécutée. Il pouvait presque entendre ses supplications. L’organe cérébral avait décidément des capacités totalement impressionnantes… et effrayantes. Ash s’efforçait de garder les paupières démesurément ouvertes, luttant contre les visions qui l’assaillaient. Finalement, il dut se résoudre à poser à nouveau les yeux sur son amie afin de constater qu’elle était bel et bien vivante, et non gravement blessée. Certes, elle l’avait certainement été, mais les soins qu’on lui avait apportés avaient fait leur boulot, il était évident qu’elle ne se trouverait pas devant lui dans le cas contraire. « Non… je… je voulais… » Il ne put continuer, non seulement car il en était incapable, et parce qu’elle ne lui en laissa pas l’occasion non plus. Il était un bon soldat, personne n’avait de doute dessus. La machine de guerre parfaite pour servir la noble cause du Premier Ordre, on ne pouvait lui reprocher sa docilité. Alors pourquoi donc stagnait-il au même rang depuis tant de temps ? Parce qu’il n’était pas un excellent soldat. Argyus était devenu général et Kelso commandante… Et lui… toujours le même soldat basique ne se démarquant aucunement. Voilà certainement la raison pour laquelle on n’avait songé à ce qu’il participe, lui aussi, à cette mission ayant provoqué tant de dégâts chez sa meilleure amie. Ils vivaient les épreuves les plus affreuses ensemble, car ils s’aidaient mutuellement à se reconstruire. Mais, à présent, comment pouvait-il parvenir à la soutenir comme il se le devait alors qu’il n’était même pas capable de se remettre totalement d’une mission datant déjà de cinq longues années ?

Soudain, un mélange de soulagement et de honte l’envahit ; elle savait. Elle était au courant qu’il n’avait pu venir la chercher car personne ne lui avait soufflé mot de ce plan organisé sans lui. Ainsi, elle ne pouvait pas lui en vouloir, pas vrai ? Pourtant, malgré cette évidence, le soldat Shepard se renfrogna, fuyant une fois de plus en fixant son regard sur un point invisible au niveau du sol. Un voile passa devant ses yeux, comme s’il quittait le monde réel pour quelques temps. Il savait que les sentiments si détestés allaient refaire surface, avec le temps, il avait appris à les anticiper. Le soulagement et la joie de revoir sa protégée, la culpabilité de savoir qu’elle venait le voir parce qu’elle s’inquiétait pour lui alors qu’elle était la plus mal en point des deux, la colère qui bouillait en attendant de pouvoir se déverser sur les vrais fautifs. Tout cela, il savait le nommer désormais. C’était un travail long et fastidieux, mais peut-être qu’il saurait s’y accommoder. Peut-être même que son interlocutrice pourrait l’y aider… Claque mentale. Gamora n’était pas un volcan d’émotions, pas comme ce en quoi il était en train de se transformer.

Le contact de sa main sur sa peau et sa voix douce comme rarement le ramenèrent à la réalité, le faisant presque sursauter. Il ancra ses prunelles aux siennes et n’y tint plus ; « Je n’étais même pas au courant que tu avais été envoyée là-bas ! Je ne savais pas que tu étais partie ! Sinon, j’aurais insisté pour venir avec toi ! Je ne t’aurais jamais laissée partir sans moi, et tout ça ne serait pas arrivé ! Tu n’aurais pas… Je… » A bout de souffle, il stoppa son flot de paroles, ses doigts s’agrippant automatiquement, comme par instinct, aux siens, désireux de maintenir ce lien qui le retenait à la réalité. Ce lien qui lui apportait la certitude qu’elle était bien là, avec lui. « Bordel Gamo, reprit-il plus posément, sans pour autant parvenir à retenir le tressaillement dans sa voix. J’ai cru que tu ne reviendrais pas… » Il était pathétique. Mais le pire dans tout ça, c’était qu’il commençait seulement à s’en rendre compte. Alors, pour se redonner un minimum de contenance, il inspira et expira longuement, chose qu’il avait pris l’habitude de faire pour remettre ses idées en ordre. Affichant cette fois-ci un air plus neutre, plus habituel, il avait fait disparaitre les crispations de son visage pouvant trahir ses ressentis. Une vraie instabilité émotive le possédait, c’en était affligeant.

« Qu’est-ce qu’ils t’ont fait ? » Pour le tact, on repassera. C’était douloureux, sûrement encore plus pour elle, mais il avait besoin de savoir. Du moins, c’était ce dont il essayait de se persuader.
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Message Re: Now we got bad blood (ashora)    • Mar 13 Juin - 15:26    

Gamora ne savait que trop bien le piège qu’était le soi-disant privilège d’avoir des quartiers personnels. On profite rapidement de l’avantage d’être enfin « chez soi », puis finalement, avec les battements de son cœur comme seul compagnon, on finit par se sentir envahit par la solitude. La Commandante avait réussi à trouver une alternative, puisqu’elle partageait dorénavant ses quartiers avec quelqu’un de manière ponctuelle. Et cela lui faisait un bien fou. D’ailleurs, elle se demandait pourquoi elle ne l’avait pas fait plus tôt : ses nuits étaient plus calmes, et cela se répercutait sur son comportement au sein du Premier Ordre. Si aujourd’hui elle passait le plus clair de son temps à s’entraîner pour espérer passer les tests de réintégration à l’armée, le fait d’être un peu plus sereine dans sa vie avait grandement contribué à l’amélioration de ses capacités sur le terrain. Elle avait retrouvé son efficacité d’antan, et il ne serait probablement pas très difficile de convaincre les examinateurs de sa réintégration.

Gamora n’avait jamais été aussi efficace que depuis son retour de Fenves. Bien sûr, elle ne réussirait probablement pas à se soigner totalement, mais le fait d’être passée à deux doigts de la mort sur Theed l’avait pleinement revigorée. Plus que jamais, elle voulait vivre, et surtout, elle voulait se battre, prouver de quoi elle était capable, arrêter de se renfermer et d’empêcher les autres de pénétrer dans cette carapace qu’elle s’était forgée. La jeune femme mettrait probablement un moment avant de réussir à retrouver un peu de son ancienne personnalité qu’elle avait jadis mit au placard pour tenter de se protéger. Et voilà où ça l’avait menée. C’était évident qu’elle avait fait un grand pas vers la guérison. Ce n’était pas le cas de Ash.

Il semblait si perdu, si coupable. Comme si cet événement l’avait vraiment perturbé. Le soldat fuyait le regard de la brune alors qu’elle tentait désespérément d’établir le contact, si bien qu’elle s’entendit lui demander de la regarder, de ne pas laisser ses yeux fureter ailleurs que dans les siens. Elle devait savoir ce qu’il se passait au sein de ses pensées, eux qui avaient l’habitude d’être toujours en contact, de n’être jamais séparés, de n’avoir aucun secret l’un pour l’autre, et pourtant aujourd’hui, on aurait dit qu’elle n’avait plus accès à un pan de ses idées. Quoi qu’elle veuille laisser paraître, cela la touchait énormément. C’était précisément la raison de sa venue.

Et finalement, lorsque le regard des deux amis se croisent, Ash laisse tomber ses barrières. Il la regarde comme pour s’assurer qu’elle est réelle, et Gamora imagine que quelque part, au fond de lui, il a dû se torturer des jours et des nuits à imaginer le pire. Le flot de paroles se déverse, et avec lui, la culpabilité, la tristesse, et l’angoisse qu’il avait accumulé ces derniers temps. Rares étaient les fois où la Commandante avait été témoin d’un tel spectacle, lui qui contenait tout avec un flegme quasi inébranlable. Kyber avait raison lorsqu’il disait que quelque chose avait changé en lui : il avait définitivement quelque chose qui avait germé dans son esprit. Il n’en savait rien. Il n’était nullement au courant pour tout ce qu’il s’était déroulé sur Theed, encore moins pour le groupe de sauvetage. Et il s’en voulait terriblement, peut-être autant qu’il en voulait à ceux qui avaient pu être là pour la libérer. Ash avait été mis à l’écart de la seule qu’il avait voulu réaliser. Ash resserrait sa prise sur la main de son amie. « Bordel Gamo. J’ai cru que tu ne reviendrais pas… » Le ton qu’avait pris sa voix était bien différent de ce que la brune connaissait. Néanmoins, elle répond, sur le ton de la confidence, comme si elle se l’avouait à elle-même : « Moi non plus, Ash. Moi non plus, je ne croyais pas que j’allais revenir. Je pensais que personne ne viendrait. J’allais me laisser mourir.  » Sa voix s’éteint sur cette dernière phrase, comme une note de musique suspendue dans le vide. Pour elle, personne n’allait faire le déplacement : elle était même surprise d’être toujours en vie et que ses collègues ne l’aient pas abattue avant que la Résistance ne réussisse à l’emmener. Un témoin mort est toujours plus sûr qu’un témoin à demi-vivant.

Viennent alors les questions qui fâchent, celle que Gamora évite soigneusement de décrire, habituellement. Que lui ont-ils fait là-bas. De toute façon, elle ne pouvait pas lui mentir : par le biais de Kyber, Ash pourrait avoir accès à tous les dossiers médicaux précisant ce qu’elle avait subi. Cependant, elle avait beaucoup de difficulté à en parler, à mettre des mots dessus. « Tu sais, Ash, je ne suis pas sûre que ça soit une bonne idée… » Mais la détermination dans son regard finit par la faire abandonner. La jeune femme essaye de choisir ses mots, dans l’espoir de trouver ceux qui ne feraient pas péter les plombs à son compagnon. Elle défait la pression sur sa main. « Ecoute, je n’étais pas tout à fait consciente, j’ai été gravement blessée lors d’un crash. Quand je suis arrivée dans leur prison, je n’étais pas au beau fixe… Ils m’ont filé à peine ce qui était nécessaire pour ne pas que je crève. » Ou pour qu’elle parle. Heureusement, elle avait eu des alliés sur place qui avaient fait en sorte que son traitement soit moins dur que pour d’autres. Puis, un frisson de dégoût lui parcourt l’échine quand vient le moment qu’elle redoute tant. Cette fois-ci, c’est Gamora qui fuit du regard. « Il y a beaucoup de rancune entre nos deux camps. Nous aussi, nous avons eu des prisonniers de chez eux, et… Le hasard a voulu que je me retrouve au même endroit qu’un homme à qui j’ai fait du mal par le passé. L’accès à ma cellule lui avait été interdit, mais il est passé outre et s’est introduit. Et… Il a eu besoin de… De se venger, je suppose. » Sans plus de détail, c’est par son ton que la Commandante fait passer l’horreur de ces quelques instants en compagnie de son tortionnaire, qui voulait la torturer bien plus que la tuer, alors qu’il en avait l’occasion. Les insultes, les coups, les menaces… Rien qu’à y repenser, elle pâlit, ressentant le besoin de s’écarter de Ash. « Un groupe de Résistants gradés est arrivé avant qu’il ne…  (elle ne pouvait pas dire ce qu’il s’apprêtait à lui faire. Les mots ne lui venaient pas). Ils sont à arrivés à temps et m’ont prodigué les soins nécessaires. Puis quand ils ont décidé de me transférer ailleurs, le groupe de sauvetage est arrivé. »

La jeune femme passe une main sur son visage, comme pour essayer s’éloigner ces souvenirs de son esprit. Elle n’avait décidément pas besoin de se rappeler tout ça, mais Ash avait le droit de savoir ce qui lui était arrivé. « Tu n’as pas à t’en vouloir » reprenait-elle de manière conciliante, car elle avait peur qu’il ne cède à ses pulsions. « Ce n’est la faute de personne. C’est la guerre. » La meilleure excuse pour justifier tous ces actes barbares.

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Message Re: Now we got bad blood (ashora)    • Dim 18 Juin - 11:54    

Peut-être qu’un droïde pourrait palier à son manque de compagnie… il pourrait le façonner comme il le souhaitait, ce n’était pas trop chiant, et il ne serait même pas obligé de lui adresser la parole. A bien y réfléchir, c’était une merveilleuse idée qui venait de germer dans son esprit. Pour le moment, il parvenait quelque peu à survivre, mais qu’en serait-il dans quelques semaines, dans quelques mois ? Tiendrait-il le coup, seul dans ses grands appartements ? Rien n’était moins sûr.

Gamora insistait pour qu’il la regarde, mais, lorsqu’il le faisait, il se braquait aussitôt ; son regard était bien trop… insistant. Comme si elle s’efforçait de lire dans ses pensées, de décrypter son âme. A vrai dire, il leur arrivait de se regarder dans le blanc des yeux sans ciller pendant un long moment, lorsqu’ils se trouvaient sur Corellia. Car, à ce moment-là, la souffrance qu’ils voyaient reflétée dans les pupilles de l’autre était semblable à la leur. Cette fois-ci, c’était différent ; peut-être avait-il peur qu’elle n’y découvre ce qu’il s’efforçait de nier depuis si longtemps. Peut-être qu’il ne pouvait décemment pas la laisser contempler l’étendue de la détresse qui l’abritait. Peut-être qu’il avait honte de toutes ces émotions nouvelles qui bouillaient en lui, une particulièrement présente, surtout depuis l’épisode convalescence. Il ne parvenait plus à définir tout ce qu’il ressentait à son égard, c’était trop puissant, trop pesant. Une multitude de sentiments indéfinissables qu’il rejetait depuis une paire d’années. Après tout, on le lui avait déjà dit ; l’amour, c’est pour les faibles. Un bon soldat ne doit ressentir ni empathie, ni pitié, ni attachement et, le pire de tout, le sentiment amoureux doit être complètement exclu de son être. C’est ça qu’on veut à la guerre. Cette instruction, on la lui avait assez souvent rabâchée pour qu’il l’imprime totalement. Il était un être conditionné pour se battre, pas pour aimer. D’ailleurs, était-ce bien cela, le problème ? Ne se posait-il pas seulement beaucoup trop de questions ?

Alors, il fuyait, laissant ses yeux vagabonder ailleurs, ou s’efforçant de ne pas laisser la moindre émotion transparaître. Seulement, son corps le trahissait bien souvent, et ses doigts se crispaient sur sa main à la moindre contrariété, sans qu’il ne puisse faire quoi que ce soit pour éviter cela. Il y avait tant de choses qu’il aurait voulu lui demander ; s’ils pouvaient changer de sujet, oublier tout ça… si elle pouvait rester avec lui, ne plus l’abandonner comme ça… ou bien lui expliquer quel était son problème… la prendre dans ses bras et ne plus la lâcher… fermer les yeux et ne plus penser à rien. Il voulait se laisser aller et le chuchotement de la jeune femme n’arrangea rien à la situation. Elle allait se laisser mourir… si personne n’était venu à son secours, elle ne serait plus à l’heure qu’il était. Cette fois-ci, ce fut un violent frisson qui secoua son corps et il décida une bonne fois pour toutes d’appuyer ses coudes sur ses cuisses, de poser le menton au creux de sa main et de fixer la table basse sans chercher à adopter un masque quelconque. Il n’était plus sûr que parler du séjour de Gamora sur Fenves soit une très bonne idée. S’il avait été question de vacances, il aurait été attentif, à coup sûr. Mais là… étonnement, la torture n’était pas son sujet de prédilection. Seulement, il ne dit rien, et la commandante prit finalement la parole.

C’était encore plus horrible à écouter qu’il ne l’avait imaginé. Quand il releva enfin la tête vers la jolie brune, elle s’était écartée et plus aucun contact ne subsistait entre eux. Elle paraissait ailleurs et lui serrait les poings à s’en faire mal. « Si je trouve celui qui m’a écarté de la mission… » siffla-t-il entre ses dents. Il allait faire payer à ces imbéciles qui n’avaient pas jugé nécessaire de le tenir au courant de leur projet, alors qu’il se torturait un peu plus chaque jour l’esprit et passait des nuits debout, comme en attente d’un retour. Sa réaction était certainement injuste, certes. Mais il ne s’en souciait même plus ; tout ce qu’il retenait, c’était que si on l’avait concerté, le sauvetage n’aurait pas été si long. Gamora n’aurait peut-être pas autant souffert. Il aurait pu la trouver avant que ce scélérat ne lève la main sur elle. Brusquement, Ash quitta le canapé, s’empressant d’aller marcher plus loin afin d’éviter de ne déverser sa fureur sur le mobilier à proximité. Cette manie désormais de frapper dans tout et n’importe quoi chaque fois qu’il était énervé allait le perdre un jour, lui qui avait, auparavant, une faculté exceptionnelle à rester stoïque en toutes circonstances.  

« La guerre ? » répéta-t-il furieusement, bien qu’un air naïf, presque perdu, avait pris possession de ses traits. « Non, ce n’est pas ça la guerre. On ne laisse pas une prisonnière à la merci d’un psychopathe. » Bien sûr que si, elle avait raison. Des propos incohérents de sa bouche, lui qui avait déjà tué ou torturé un bon nombre de fois, sans état d’âme. A la place de l’homme, peut-être aurait-il fait la même chose, sa conduite dictée par le désir de vengeance. Mais l’une de ses proches amies était la mauvaise foi, et il lui était fidèle. « C’est qui d’ailleurs ce mec ? Son nom ? » Automatiquement, il ponctuait chacune de ses phrases d’un pas en avant, toujours plus énervé, toujours plus dégoûté. Son poing le démangeait tellement qu’il était forcé de le garder enfoncé dans sa poche, luttant pour ne pas envoyer valdinguer la première lampe venue.

Soudainement, sans préavis, il stoppa sa marche, appuyant son dos contre un mur, la tête basse et la respiration un peu plus calme. « Pourquoi est-ce que Kyber t’a envoyée ici exactement ? » Stoïque, presque neutre, sa voix transpirait le reproche mêlé à la véritable interrogation. Il sentait que quelque-chose n’était pas normal. Étonnement, il ressentait autant de méfiance que de soulagement à l’idée de cette visite surprise.


Dernière édition par Ash Shepard le Lun 19 Juin - 20:44, édité 1 fois
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Message Re: Now we got bad blood (ashora)    • Lun 19 Juin - 16:13    

Rester silencieuse, évasive, aurait peut-être été la meilleure solution, en plus d’être la solution de facilité. Ash était un homme intelligent, et il pouvait parfaitement se figurer ce qu’elle avait subi sur la base Résistante. Une simple demande d’accès, un regard rapide sur les rapports médicaux et les dernières déclarations détaillées sur la Commandante Kelso, et il saurait tout de manière explicite, sans qu’elle ait besoin de s’exprimer. Bien sûr, il n’était pas ce genre d’homme : il aurait bien plus tendance à ne pas explorer ce que Gamora ne lui aurait pas confié, par respect, tout simplement. Mais quelque chose ramenait brutalement la jeune femme à la réalité : elle ne connaissait que trop bien le ton qu’avait employé Ash, à l’instant. S’il s’était toujours gardé de se montrer violent devant elle, surtout pendant leur période de convalescence, elle l’avait déjà vu perdre son sang-froid avant la fameuse mission qui avait ébranlé leur personnalité entière. Et ce sifflement dans son ton, c’était un signe avant-coureur de sa perte de calme. « Nous avons, nous aussi, eu recours à de telles pratiques. Cela prouve simplement qu’ils ne sont pas mieux que nous, comme ils espèrent le faire croire. »

Alors il se lève, il déambule, comme si son cerveau était en ébullition. Et tourne et vire dans la pièce, à la recherche de réponses qu’il n’aura pas, qui ne lui faisait que du mal, sur des sujets dont il n’avait absolument aucun contrôle. Gamora préférait garder le silence. Elle ne voulait pour rien au monde alimenter sa colère de la sorte. Elle ne savait que trop bien qu’il était instable, et il ne fallait surtout pas le faire basculer ; c’était la raison précise pour laquelle Kyber l’avait envoyé. Alors, la Commandante laissait les questions en suspens, en attendant qu’il se calme, elle reste assise sur le bord du canapé, en attendant qu’il reprenne ses esprits, peu importe le temps que cela prendrait. De toute façon, tout le monde savait que la jeune femme se réfugiait dans le silence ou dans la violence lorsque les mots venaient à lui manquer. Et brusquement, enfin, cesse son pas. Il respire lentement, et s’adosse au mur, pour finalement poser la question qui fâche.

Quittant sa position, Gamora tournait la tête vers son ami, et le détaillait quelques instants avant de répondre. Il semblait crispé, comme une bête qui n’attendait que de sortir toute griffes sorties, crocs acérés prêts à s’enfoncer dans sa victime. Cette colère, elle n’était pas dirigée contre Gamora, et elle le savait. Pourtant, elle ne pouvait s’empêcher d’avoir un petit pincement au cœur lorsqu’il lui posait la question, d’un air si méfiant. Toute ses visites avaient toujours été bon signe, puisqu’ils étaient si proches depuis qu’ils s’étaient connus. Mais cette expression lui avait littéralement tiré une flèche en plein cœur. « Kyber… » Elle ne savait pas comment aborder le sujet, elle qui pourtant avait une aisance naturelle à parler franchement lorsqu’il s’agissait des ordres qu’elle avait reçu. Kyber ne s’était pas contenté de lui demander d’aller voir Ash : il le lui avait ordonné, parce qu’il en avait tout simplement le droit. Depuis son retour à l’armée, dont Ash n’était pas encore au courant, il était naturel qu’il redevienne son supérieur direct. La brune lâche un soupir, et secoue la tête, venant faire sautiller ses mèches sombres autour de son teint de porcelaine. Puis, elle se levait d’un air assez déterminé, et comme dans un mouvement de protection, elle croisait les bras sur sa poitrine. « Kyber m’a envoyé parce qu’il s’inquiétait pour toi. »

Bien sûr, le général ne l’aurait jamais publiquement avoué. Même s’il tenait à ses deux meilleurs amis, il n’en restait pas moins un homme qui avait du mal à exprimer ses sentiments, sauf quand il s’agissait de son ex-petite amie. « Ecoute… » Elle fit taper son poing nerveusement contre sa paume pour gagner du temps. « Il m’a dit que tu avais pété les plombs quand tu avais appris qu’un groupe était revenu d’une mission pour me récupérer. Il pense qu’en ce moment, tu ne vas pas bien, que tu n’arrives plus à te contrôler, et la réaction que tu as eue en apprenant pour la mission n’a fait que confirmer les faits. » La Commandante prend quelques instants pour laisser réfléchir le jeune homme face à cette annonce, avant de reprendre. « Il pense que tu replonges, comme sur Corellia. Et il m’a demandé de venir te voir parce que je suis la personne la plus à même de savoir si c’est le cas ou non. » La brune réussit à faire un pas vers lui, en décroisant les bras. « Je n’arrive pas à savoir ce qu’il y a dans ta tête, pour le moment. Je ne suis pas sûre que tu le saches toi-même, mais je ne suis là que pour t’aider. C’est tout ce qui m’importe. »

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