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 You're getting on my nerves [Diarmuid]

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Message You're getting on my nerves [Diarmuid]    • Mar 28 Fév - 19:51    

You're getting on my nerves.
Diarmuid & Sehrin


 
Les couloirs de la base en avaient vu des choses. Des moments de joie, des fous rires, des moments d’amour volés à la dérobée. Mais aussi des pleurs, des cris, des cœurs brisés. Aujourd’hui, une fois de plus, il accueillait un Sehrin passablement excédé. Il les arpentait avec humeur, à la recherche du responsable du fiasco qu’avait été cette journée. Et plus il cherchait, plus cela le faisait grincer des dents. Il aurait peut-être mieux fait d’aller l’attendre devant ses quartiers, cela aurait été plus rapide. Mais non, il s’était entêté à le trouver sur le champ, histoire de lui faire regretter directement la façon implicite grâce à laquelle il lui avait gâché sa journée.

Depuis presque 20 ans dans la Résistance, il en avait vu des choses. Dès le moment où il avait décidé certains des jeunes qu’il côtoyait en mission, il en avait rencontré des inconscients, des fainéants, des distraits… Il en avait passé du temps à s’exaspérer, à vouloir les remettre " dans le droit chemin ". Alors, inutile de dire que depuis 3 ans, depuis qu’il avait accepté de s’occuper que des nouvelles recrues, il en avait vu des cas. Il n’avait pas la réputation d’être le formateur le plus sympathique Il n’avait déjà pas le caractère pour ça à la base. Mais ses années sur le terrain l’avaient rendu encore moins tolérant à la bêtise. Pourquoi était-ce dont si difficile d’empêcher les gens de se faire tuer, de leur faire rentrer quoi que ce soit dans le crâne ? Il savait qu’il devait paraitre bien ennuyant par moment mais il en avait vu des hommes sérieux se faire descendre. Les gamins casse-cous et irréfléchis, ça avait encore moins de chance de tenir longtemps quand la bataille fait rager. Il voulait juste éviter d’avoir trop de morts sur la conscience, il en a déjà bien assez comme ça.

Et voilà qu’au bout d’une demi-heure, qui lui avait semblé une éternité, il avait trouvé le coupable. Celui-ci vaquait tranquille à ses occupations mais Sehrin n’en avait rien à faire. Quand on lui gâche sa journée comme ça, aucune chance de s’en sortir indemne. Surtout pas lui.

« Hey ! Uw ! T’es sérieux ? » l’apostropha-t-il alors qu’il l’atteignait enfin.

Diarmuid Uw. Général Uw. Mais aussi son collègue, à qui il envoie les quelques recrues prometteuses qu’il lui arrive de rencontrer. Si l’homme pouvait lui être sympathique par moment, là, maintenant, il regrettait presque de ne pas l’avoir jeté d’un vaisseau au retour d’une mission par le passé. Ou l’abandonner sur une planète au hasard. Il aurait peut-être même trouvé des volontaires. En plus, la gente féminine l’en aurait très certainement remerciée. Il aurait été adulé par tellement de gens. Et lui, ça lui aurait permis de passer une journée convenable. Mais aujourd’hui, il allait privilégier la discussion : c’était un peu trop tard pour le laisser loin, très loin de ses recrues. Alors, sans même attendre une réponse à sa chaleureuse salutation, il enchaina :

« La prochaine fois, tu penseras à leur fournir des mots d’excuses aux petites avec lesquelles tu t’amuses ? Parce que t’es bien gentil mais quand elles sont plus en état de bosser après parce qu’elles ont la tête je sais pas où, tu me gonfles vachement. »

Cette journée avait été une pure catastrophe sur le plan pédagogique. Il avait commencé les entrainements comme d’habitude. Pourtant, rapidement des problèmes surgirent. Il eut du mal à comprendre au début, ce n’était pas leur premier. Ils devaient être rentrer dans le bain maintenant et avoir arrêter de faire des erreurs de débutants. La coupable était une jeune recrue qui en prit pour son grade. Mais lorsque même les remontrances échouèrent, il ne put s’empêcher de la prendre à part pour savoir quoi. Il commençait à devenir inquiet, ce n’était pas dans les habitudes de la jeune fille d’être aussi distraite. Peut-être avait-elle perdu un proche ? Il était loin d’avoir été un exemple de discipline après la mort d’Asmaa. Mais quand elle s’empourpra et lui raconta qu’elle ne pouvait plus s’enlever un fameux Général de tête depuis une folle nuit d’amour, il fut encore plus excédé qu’il ne l’était déjà. Diarmuid avait osé toucher à une de ses recrues. On ne touchait pas à ses recrues. Grand bien lui fasse de vouloir s’envoyer en l’air quand bon lui chantait mais pas avec ses recrues. Surtout pas si c’était pour les rendre inefficace. Il venait de perdre une journée et ça, il ne lui pardonnerait pas de sitôt. Alors, il avait décidé d’aller le confronter. L’idée parfaite pour se détendre. Il savait qu’entre eux deux, une joute verbale allait encore commencer. Il n’était pas certain qu’Uw verrait le problème. Sa soirée allait encore être des plus mouvementées.
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Message Re: You're getting on my nerves [Diarmuid]    • Jeu 2 Mar - 16:29    



you're getting on my nerves

Diarmuid & Sehrin
Voir Diarmuid et Sehrin se disputer était une chose sans doute aussi stable dans la vie de la base que de voir le soleil se lever. Pour certaines recrues, leurs journées se retrouvaient ponctuées non pas en heures et en minutes mais en injures et colères que les deux formateurs s'adressaient l'un à l'autre. Toujours avec fougue, toujours affection aussi, il y avait différentes manières de veiller sur quelqu'un, celle-ci était la leur. Et puis chacun connaissait les limites invisibles à ne pas dépasser, le mot de trop, le geste à ne pas faire, la chose capable de les briser tous deux bien plus qu'ils ne l'étaient déjà.
Coucher avec des femmes, Diarmuid adorait cela. Il n'oubliait rien pourtant, rien de la première, rien de la seule, yeux noirs, cheveux tout autant, la peau qu'il n'osait jamais caresser, les lèvres rouges et pleines qui souriaient trop fort pour ne pas pleurer.
Comme si un rire pouvait tout effacer de la douleur, et de la douleur ils s'en étaient causé tant l'un-l'autre...
Elle, l'unique, la seule, la disparue. D'autres étreintes, certaines avaient les yeux noirs, certaines avaient les cheveux de nuit aussi, parfois elles ne ressemblaient pas du tout à cela, qu'importe. Il murmurait leur nom au plus noir de la nuit, parfois elles riaient, parfois elles pleuraient, parfois elles restaient de glace aussi. Est-ce qu'il leur mentait? Non, chacun cherchait seulement à combler la solitude face à une mort prochaine. Il n'y avait rien à dire de plus....
Certaines étaient jeunes, lorsque lui vieillissait de plus en plus. Il s'enivrait au parfum de leurs vingt ans, se rappelait des moments heureux et souriait à son tour. Et ces gamines qui rêvaient de ciel et d'étoiles, il les amenait à la terre profonde de ses bras puissant pour faire renaître leurs corps tendres de ses vieilles passions à lui.
Certaines revenaient parfois, à lui, à son lit, à des nuits communes, pour la plupart elles trouvaient mieux cependant, gardant simplement le souvenir de quelques instants de folies. Il y en avait aussi qui... qui...
Ne pas y penser, les étoiles dans la nuit, celles qui ne revenaient pas, et les silences de mort après une mission où aucun vaisseau n'aterrissait alors. Aucun ou trop peu, toujours trop peu.
Ne pas y penser.
Il finirait sa vie seul, ça Diarmuid le savait. Ce qu'il avait à offrir était une illusion, non un mensonge, et quelque chose en lui avait fait son temps en matière d'humanité. Avait-il un ami assez proche pour s'en soucier? Non, juste Sehrin, simplement capable de regarder la chute, de venir boire un coup également de temps en temps. Qu'importe.
Penser à lui pour ne pas penser aux morts.

Il savait que Sehrin viendrait, il l'avait su dès le moment où il avait serré cette fille dans ses bras, l'avait écouté pleurer. Pauvre gamine, elle voulait faire la différence, quitte à brûler trop vite, à brûler trop tôt. Qu'étaient-ils devenus, tous, pour que le seul désir de leurs enfants soit le sacrifice? Et cela avit réveillé des fantômes en lui, la recrue aux yeux pâles affirmant que mourir pour une cause ne lui faisait pas peur, qu'elle en serait heureuse, alors ils devaient lui donner sa chance bordel, lui, Sehrin.
Il repensa au dernier message crachoté par une radio, à ce que des hommes et une femme avaient décidé pour le bien d'une mission : mourir.
Sa douleur à lui, le survivant, lui qui avait été incapable de dire je t'aime une dernière fois avant d'appuyer sur le bouton, qu'y avait-il de plus terrible?
Et cela ne s'expliquait pas, cela ne se racontait pas, il avait juste pris le visage de la jeune fille entre ses mains pour chasser les fantômes, l'avait embrassé le temps d'une nuit, le temps de lui faire comprendre qu'elle avait bien trop d'importance pour cela. Même s'il ne rappelait jamais de son nom, la confondait avec la brune du service médical. Elle avait de l'importance, beaucoup et elle pouvait être aimée une fois, deux, autant de fois qu'elle le souhaitait alors inutile de vouloir mourir, hein?
Elle pouvait même tomber amoureuse bien sûr, de lui -même si cela était sans espoir- d'un autre, de beaucoup d'autres...

Ses fantômes à lui contre ses démons à elle, et au matin il l'avait renvoyé à Sehrin avec douceur avant de s'occuper de ses propres tâches, ce même Sehrin qui à présent venait lui faire la morale.

”On t'a jamais dit de t'adresser avec plus de respect à ton général? Tu peux risquer gros... On t'a jamais dit également qu'une personne a le droit d'user de son corps comme elle l'entend? Elle n'a rien fait de mal, cette fille, et elle en avait besoin. Tu m'engueules pourquoi, parce qu'elle a la tête ailleurs alors qu'hier et tous les autres jours elle était la première à foncer dans le tas? Bon dieu, elle est jeune, t'as pas remarqué?! Elle est jeune et jusqu'à hier elle pensait que se faire éparpiller en mille morceaux par un pilote ennemi était la chose la plus glorieuse qui pouvait lui arriver”

Alors peu lui importait que son ami le prenait pour le dernier des connards, il avait fait avec les armes qu'il avait, voilà tout. Cela n'empêcherait pas cette gamine de mourir un jour, d'être tuée en plein combat peut être, mais pour une nuit, d'elle qui se pensait souillon, il avait fait une reine.

”Parce qu'ils sont ici pour se sacrifier pour les générations futures, ils pensent ne pas pouvoir être heureux, je le supporte pas. Leur enlève pas ça, j'ai vu ses entraînements, elle est exaltée mais loin d'être la meilleure. Trop de défauts, trop d'ouvertures, même quand elle se concentre. Tu sais comme moi ce que ça veut dire. Qu'on la reverra peut-être jamais après sa première mission, parce que même si on est là pour leur apprendre des choses, pour les corriger au besoin....On fera jamais de miracles.”

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Message Re: You're getting on my nerves [Diarmuid]    • Mer 8 Mar - 22:21    

You're getting on my nerves.
Diarmuid & Sehrin


 
Lorsque Diarmuid lui rappelait son grade, il ne pouvait que ricaner. Général. Un mot avec un léger goût amer dans sa bouche. Non par jalousie, monter dans la hiérarchie ne l’avait jamais intéressé. Il n’était pas un homme à responsabilités. Il n’en avait pas les épaules. C’est déjà à peine si certains jours, il supportait son statut de formateur. Mais bien parce qu’on l’avait décerné à Diarmuid il y a quatre ans, pour « services rendus ». Il ne nierait jamais que celui-ci l’avait mérité. Ils en avaient partagé des missions, du vivant d’Audran. Il savait sa façon de travailler et ne pouvait rester qu’admiratif devant tant de dévouements. Si à ce stade, on pouvait encore parler de dévouement… Les méthodes de Diarmuid pouvaient lui être reprochés mais c’était souvent par ceux qui agissaient le moins. Qu’aurait-il fait à sa place ? Laisser mourir tout le monde ? Personne d’autre n’aurait été capable d’un tel sacrifice. Il en avait sauvé des vies en s’oubliant, en ne pensant plus qu’aux autres. Sehrin pensait parfois amèrement qu’il aurait été préférable que Diar’ ait été à sa place lors de l’embuscade. Il aurait certainement sauvé Audran, lui. Et pourtant, pour le remercier d’avoir sacrifier sa femme, on lui collait le grade de Général et les remerciements. Il méritait plus, tellement plus. Mais Sehrin savait que rien ne pourrait jamais remplacer le vide que la mort d’un être aimé laissait, ni les grades, ni la gloire, ni l’argent. Rien, juste l’absence et les regrets qui seront présents jusqu’au bout.

« A vos ordre mon général, veuillez m’excuser de mon débordement » ironisa-t-il « Quel sera mon blâme, Ô mon grand et beau général ? Six mois de corvée d’épluchage ? La fin de mon accès à vos réserves d’alcool ? Que puis-je encore risquer ? »

Jeune. Oui, elle l’était. Tout comme ils l’avaient été. Bien sûr qu’il l’avait remarqué. Comment ne pas voir dans leurs yeux à tous. Il avait l’impression de se revoir, à ses 18 ans, quand il a rejoint la Résistance. Lui aussi avait rêvé de ces morts idéalisées, presque héroïque. Lui aussi aurait certainement répondu que mourir en plein combat, en ayant donné tout ce qu’il avait, serait la fin parfaite. Même elle n’était pas passée par les bras du général, elle aurait certainement arrêté de le penser assez vite. Tout comme il l’avait fait. Une fois sur le terrain, il s’était rendu compte de l’horreur de la chose. Et plus jamais il n’avait pensé qu’il y avait une quelconque gloire. Non, ils étaient bien trop à trépasser pour cela. Les noms se perdaient et se confondaient. On arrivait à peine à distinguer une mort d’une autre. Sauf quand elle les touchait personnellement. Mais ça, il espérait qu’elle ne le découvrirait quand même pas trop vite. Il aimerait que ses recrues puissent garder à jamais leurs innocences. Qu’ils n’aient jamais à participer à des massacres. Mais combien avaient déjà perdus leurs familles avant de venir grossir leurs rangs ? Combien avaient perdus des proches, des amis ? Et puis, rejoindre la Résistance, c’était accepter de vivre avec la mort. Ils le savaient. Ils avaient fait le choix, à leur époque. Et maintenant, ils étaient là, à essayer de limiter la casse, à essayer de donner une chance à des gens que le destin avait peut-être déjà marqués. A lutter contre l’impossible à vaincre.

« Si seulement on faisait des miracles. Ça serait plus simple. En attendant, tu la fais vivre à ta manière et moi, j’essaie de la sauver à la mienne. C’est ma mission depuis trois ans. »

C’était plus de la frustration qu’il ressentait que de la colère. Diarmuid et elle étaient adultes, ils faisaient ce qu’ils voulaient de leur vie, de leur corps. Ce n’était pas ce qui l’avait importuné au final. Non, il était juste frustré de ne pas faire de miracle, comme son ami l’avait si bien souligné. Il savait que même s’il arrivait à les rendre parfait, cela ne leur servirait à rien. C’était plus de la chance qu’autre chose qu’il leur fallait. Des hommes avec des années d’expérience tombaient du jour au lendemain. Des gamins ne connaissaient pas plus que la première fois. Et au fond de lui, il enrageait, il bouillonnait de frustration. Il se sentait inutile. Parfois, il se demandait si ce n’était pas juste pas acquis de conscience qu’on les formait. Pour que leur mort pèse moins lourd sur leur cœur à tous. Pour qu’ils se persuadent d’avoir fait tout leur possible.

« Et parce que je ne peux pas plus que ça pour elle, c’est une raison la laisser se relâcher ? Faut qu’elle apprenne à rester vigilante en toutes situations. Vos batifolages auront au moins le mérite, outre le fait qu’elle ait décompressé, de lui faire réaliser qu’elle a encore un bout de chemin à parcourir. »

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Message Re: You're getting on my nerves [Diarmuid]    • Jeu 9 Mar - 18:40    



you're getting on my nerves

Diarmuid & Sehrin
On pouvait dire de Diarmuid qu'il avait de beaux yeux, cela arrivait. Le genre de regard capable de vous envelopper avec chaleur, de vous faire sentir exister. Cela tenait à peu de choses, les battements d'un cœur, un sentiment ou peut-être deux, des mots que l'on ne prononçait pas... Il portait tout cela dans ses yeux, comme si quelque chose en lui était soudain devenu comme incapable de haine.
Les yeux d'un vieillard, un peu. Immortel peut-être, déjà enterré surtout, beaucoup étaient comme cela à la Résistance, certains n'y survivaient pas.
Brusquement il n'y avait plus de chaleur dans le regard qu'il portait, plutôt un goût de cendre, un goût de fin du monde. Diarmuid pouvait accepter beaucoup de choses, mais pas d'être pris pour un idiot.

 « Tu peux tout risquer, à jouer à l'abruti ainsi. Le respect est tout ce qui nous reste, le respect est ce qui nous sépare de nos ennemis et l'une des premières choses que l'on doit enseigner à nos recrues. On peut ne pas respecter un homme, on peut au moins respecter son grade, mais cela tu l'as oublié. »

Il était fatigué, Diarmuid, fatigué de son cadet, fatigué d'avoir tenu dans ses bras une fille effrayée de pleurer, une fille qui savait qu'on ne l'écouterait pas. Il l'avait écouté, il l'avait aimé, consolé, mais ce n'était pas suffisant, ce ne serait jamais suffisant.
Ils n'étaient qu'humains. Et Sehrin continuait ses reproches à la manière d'une vieille femme. Avait-il oublié qui était son aîné également ?

 « Libre à toi de perdre mon amitié, de dépasser les bornes comme tu le fais. Il y aura bien une autre personne pour te servir du vin après tout. Dégage maintenant, continue à ne pas lui parler à cette gamine à part pour l'engueuler, c'est bien, c'est très bien. Tu as raison, bravo... Continue à leur apprendre comme tu le fais qu'ils ne doivent pas, surtout pas, faire attention aux autres, compter sur eux. C'est vrai qu'en mission de groupes ça ne sert jamais... »

La jeune fille, ses sanglots hystériques, la phrase qu'elle murmurait en boucles tout en se tordant les doigts : « je ne vais jamais y arriver, jamais ». pourquoi ? Un mot de trop de son instructeur peut-être, un mot de trop alors qu'elle avait tout donné d'elle mais qu'aucune différence n'avait été faite. Envoyer ces jeunes dans une boucherie sans nom était une chose, leur refuser tendresse et amitié en était une autre. Elle avait eu besoin de quelqu'un, quelqu'un pour simplement était là. Parce qu'elle s'était convaincue que son instructeur ne saurait pas l'écouter, lui, avec ses craintes d'enfant, son désir de bien faire. Être jugée une fois de trop. Diarmuid lui donnait raison, à présent que la frustration e son ami explosait. Sehrin n'était qu'un humain lui aussi, que lui restait-il si ce n'est ses recrues pour se savoir indispensable ?
La femme qu'il aimait était morte, il n'en voulait pas d'autre.
Il ne voulait plus de rien.

 « Arrête de te donner en spectacle maintenant, je fais peur autant que toi à ces jeunes mais ils arrivent à venir me voir quand même quand il y a un problème, fais en sorte que ce soit pareil pour toi. On va leur foutre des oeillères, toi, moi, on le sait, mais on ne le leur mettra qu'après qu'ils aient terminé leur formation, sinon ils ne pourront jamais être efficaces. Ca sous entends qu'on ne doit pas en porter nous-même... »

Un sourire. Triste.

 « Ca sous entends aussi qu'on doit leur donner toute notre énergie, pas la dilapider en colères puériles. Montre l'exemple, montre toujours l'exemple, sois pas cette simple loque dont tu as le look. Je vais la prendre avec moi en entraînement, je veux pas que tu t'épuises à lui aboyer après. Tu vieillis.... »

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Message Re: You're getting on my nerves [Diarmuid]    • Jeu 23 Mar - 22:04    

You're getting on my nerves.
Diarmuid & Sehrin


 
S’il y avait bien une chose dont Sehrin avait besoin de temps en temps, c’était de se faire recadrer comme Diarmuid savait si bien le faire. Comme il le faisait à l’instant même. La mentalité militaire de son collègue lui était plus que nécessaire, surtout lorsqu’il commençait à faire des montagnes de petites choses comme aujourd’hui. Voir la chaleur quitter ses yeux était son rappel à l’ordre, son signal d’alarme. C’est comme cela que Sehrin savait qu’il s’avançait en terrain dangereux. Il ne voulait pas tester les limites de sa patience et surtout, perdre l’une des seules personnes qui lui restait. Pourtant, c’était certainement ce qu’il faisait de plus en plus. Ses crises devaient user son ainé bien plus que de raison. Il devenait un poids. Il devenait l’épave qu’il avait tant redouter être après la mort d’Asmaa. La mort d’Audran et la culpabilité qui en découlait le faisait sombrer quand il se relâchait. Il était temps pour lui de se ressaisir. Jusqu’au prochain moment où cela deviendrait trop dur. Jusqu’au moment où, aveuglé comme il était, il penserait à nouveau n’avoir plus rien à perdre. Les mots de Diarmuid avaient fait leur effet.

Il avait failli. Terriblement failli. Lui qui veillait toujours à être le plus juste possible d’habitude. Il était devenu ce qu’il exécrait. Il s’était laissé dépasser par ses propres craintes. Lui qui avait osé exiger le meilleur de ses recrues, jusqu’à visiblement les pousser à bout, n’avait même pas réussi à ouvrir les yeux sur ses propres erreurs. C’était d’un risible. Obnubilé par lui-même, par ses morts, par sa foutue conscience incapable de lui faire comprendre qu’il n’y pouvait rien. Obnubilé par ce désir de l’apaiser, en poussant les gens à bout, pour leur « propre bien ». Il avait oublié son rêve d’enfance. Il avait oublié son désir d’aider. Il s’était contredit, avait fait tout l’inverse de ce pourquoi il avait vécu jusqu’à présent. De ce pourquoi il s’était engagé.

Mais là, bien plus que le respect de ses recrues, il risquait de perdre à tout jamais son ami. Oui, il avait encore des choses à perdre. C’était bien plus qu’une simple amitié à ses yeux. C’était quelque chose d’important, d’extrêmement important. Il en avait besoin. Diarmuid avait toujours été là pour lui, plus particulièrement depuis qu’ils s’étaient rapprochés. Si de l’extérieur, on ne voyait que deux hommes passant leur temps à se chamailler, à s’envoyer des piques, il en était tout autre. C’était deux hommes présent l’un pour l’autre, dans les temps durs comme dans les bons, même si ces derniers sont peu nombreux ces dernières années. Ils n’avaient pas besoin de déclarations enflammées pour se comprendre. Non, ils faisaient attention l’un à l’autre à leurs manières, aussi violente qu’elle puisse paraitre. Et c’était exactement de ça dont il avait besoin. Diarmuid était sans doute le seul qui osait lui dire franchement quand il dépassait les bornes. Comme aujourd’hui. Et toutes les cartes étaient désormais dans ses mains, libre à lui de faire les bons choix.

« Une loque ? Tu sais, tu peux même dire une épave, ça serait plus proche de la réalité. Un X-Wing tout rouillé. Tu as parfaitement raison Diarmuid, j’ai bien merdé aujourd’hui. Je lui ai manqué de respect comme je t’en ai manqué. Je me suis laissé emporter ».

Il avait paniqué. Les erreurs à répétition de la jeune fille lui avait fait oublié le boulot qu’elle avait abattu jusqu’à présent. Tout ce qu’il avait vu, sous ses yeux, c’était son corps sur un champ de bataille. Comme il avait vu celui d’Audran trois ans plus tôt. La culpabilité était venue le submerger, lui chuchotant qu’il était un bien mauvais formateur s’il n’était même pas capable de leur enseigner comment tous revenir. Mais comme Diarmuid lui avait si bien dit, ils faisaient ce qu’ils pouvaient. Trop de paramètres rentraient en compte dans les chances de survie. Ils ne pourraient jamais sauvés tout le monde. Mais ils leurs avaient donnés leurs chances, c’était le maximum qu’ils pouvaient faire. Ils devaient les laisser vivre, les laisser faire des erreurs, vivre cette jeunesse qui pouvaient s’arrêter à tout moment. Il fallait lâcher prise. Et pour cela, il devait également accepter qu’il fût qu’un homme parmi tant d’autres. Mais un homme qui faisait son maximum et cela était bien assez. Il était temps qu’il reprenne du poil de la bête. Il était temps qu’il redevienne l’homme juste qu’il avait été. Il ne pouvait pas casser les gens plus que la guerre le fera.

Demain, il commencerait par s’excuser devant ses recrues. Il leur dira qu’ils ont le droit à l’erreur, que personne n’est parfait, et surtout pas lui. Il leur dira qu’eux et lui ne sont que des hommes qui n’ont pas demandés à vivre ce qu’ils vivent mais que leurs choix, aussi terrible qu’il soit au final, ne doit pas les empêcher de vivre. Ils n’étaient pas nés pour mourir. Ils n’étaient pas nés pour servir la Résistance. Ils étaient nés pour eux, pour cette expérience unique qu’est la vie. Mais ce soir, il assumerait d’abord son erreur envers son ami de longue date et ensuite, il partirait à la recherche de la fille. Il déambulerait encore pendant de longues minutes dans les couloirs de leur base mais il tenait à la trouver personnellement.

« Tu as raison, je suis fatigué. Mais ce n’est pas une excuse pour agir comme je l’ai fait. Je mériterais la plus belle gifle que tu n’as jamais mise à personne. Je suis désolé, mon Général, mon comportement est inacceptable. Ne te sens pas obligé de la prendre. J’irais la trouver dès qu’on aura fini de définir sur une échelle de 1 à 10 ma stupidité. J’irais m’excuser à elle également. Mais je lui proposerais ce que tu viens de me dire. Je comprendrais parfaitement si elle ne peut plus me voir. Mais je ne veux pas t’obliger à réparer toutes mes erreurs. »

« T’es pas sorti de l’auberge, si tu commences » lui lança-t-il avec un léger sourire.


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Message Re: You're getting on my nerves [Diarmuid]    • Mer 29 Mar - 15:58    



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Diarmuid & Sehrin
Il avait mal au coeur, mal pour l'homme bien sûr, mal pour lui aussi. Ce que Diarmuid venait de faire était cruel : enlever à un autre la possibilité de pleurer encore un peu. Le temps, la vie, rien ne leur appartenait, rien...
Avec douceur, sa main attrapa la nuque de l'autre alors qu'il collait son front contre le sien. Chaleur humaine et coeurs battants. Une triste intimité pour les deux frères, les deux amis, eux qui savaient le parfum du carnage, le goût du sang.

”Je suis là”

Il était là, oui, Diarmuid. Il était là quand la douceur des soirées ne suffisaient plus, quand les bières refilées entre soldats n'étanchaient ni soif, ni amertume, quand l'ombre s'avançait présente, toujours plus présente. Il était là pour en sortir, attraper la main des perdus jusqu'à la lumière et les lâcher pour les laisser aller.
Lui qui appartenait à l'ombre désormais, ne portait plus le soleil en sa poitrine.
Ce n'était pas le cas de Sehrin, pauvre Sehrin, triste Sehrin, grave, brillant et brûlant tout à la fois. Brûlant à son propre feu lorsque la nuit tombait trop vite. Alors Diarmuid venait penser ses plaies comme il pansait d'autres parfois. Ne brûle pas, Sehrin, et brille, oui brille pour moi.
Toi encore capable de boire et rire avec les soldats.
Un général ne pouvait se le permettre, pas quand son rôle était d'écouter et de guider. Il ne lui appartenait plus à lui de pleurer.
Alors, front contre front toujours, et la main sur la nuque, et le coeur au bord des lèvres, les doigts brûlants de toute l'amitié qu'il savait offrir, lui solitaire pourtant, lui qui comme tant d'autres avait tout perdu, il choisit de porter jusqu'au ciel Sehrin encore une fois.
Le ciel qu'ils espéraient tous toucher du bout du doigt.

”Je suis là alors arrête de l'oublier...Tu n'es pas seul, tu ne porteras pas chacun de tes chagrins seul comme tu as déjà du le faire une fois.”

Ironiquement, cela ne faisait que renforcer la propre solitude du général, lui dont le coeur humain devait s'effacer pour le grade malgré tout. Il couchait avec des femmes, cela était vrai, mais ne pouvait se permettre de rester avec. Pas à cause de Shirakz, une vie ça se reconstruisait, parce que ses tâches étaient autres, trop autres pour se perdre en contacts humains.
Un guide et un professeur, toujours devant, toujours derrière lorsqu'il se devait de soutenir, jamais côte à côte.
Jamais.
Alors il lui lâcha la nuque, il lui tapota la joue aussi. Simplement.

”Tu ne t'excuseras pas, inutile. Continue de l'entraîner, reste honnête en le faisant, il n'y a pas grand chose à faire de plus. N'oublie pas ce que tu dois être pour eux, ils vacillent bien trop eux-même pour qu'on leur montre leurs aînés qui hésitent également.”

Infaillible, voilà comment ces jeunes se devaient d'imaginer Sehrin, il représentait la volonté des généraux après tout, il représentait le guerrier capable de survivre aussi.

”Viens avec moi, la journée a été longue, il est temps de boire à la santé de toutes les femmes et à l'amour aussi.”

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Message Re: You're getting on my nerves [Diarmuid]    • Sam 24 Juin - 8:13    

You're getting on my nerves.
Diarmuid & Sehrin


 
Un instant, ils marchaient côte à côte dans les couloirs de la base et celui d’après, ils se retrouvaient front contre front, les yeux dans les yeux. Le cœur de Sehrin battait la chamade, la main de Diarmuid comme brulante sur sa nuque. Les deux amis étaient peu habitués à des marques de soutien aussi démonstratives. Elles n’en avaient alors que plus de force. Elles n’en avaient que plus de signification. Diarmuid aurait pu juste tenir la position quelques secondes avant de le relâcher, qu’il aurait compris le message. Je suis là. Mais l’entendre de vive-voix rendait la chose encore plus concrète.  Pourtant, il avait aucune raison de s’inquiéter, d’avoir besoin d’être rassuré de la sorte. Son ainé avait toujours là, pour lui. Pour Audran aussi, quand ils étaient tous les trois sur la même mission. Il avait été leur modèle, leur professeur malgré lui, quand ils avaient eu besoin d’être guidé dans les durs rouages de la Résistance. Il avait toujours été là, comme l’une des figures phares de la Résistance qu’il était.

Mais qui était là pour lui ? Qui était là pour l’homme qui les portait vers les cieux ? Audran l’avait été, de son vivant. Il avait été là, après la catastrophe. Il avait toujours été là, pour qui que ce soit. Audran avait été tel un ange parmi eux, à leur tendre la main dans les pires moments pour les élever, toujours plus haut. Toujours plus loin de leur malheur. Mais tout ce qu’il restait à présent, c’étaient les deux hommes, face à face, front contre front, unis dans la douleur. Unis par le trou béant que leurs femmes respectives avaient laissé, qu’Audran avait laissé. Mais qui était réellement là, désormais ? Qui pouvait se vanter de réellement connaître l’homme ? Lui, qui semblait inatteignable., indéchiffrable. Lui qu’on savait brisé, mais jusqu’à quel point, tout le monde l’ignorait.
Ou du moins, Sehrin l’ignorait. Il n’en était pas certain. Leurs douleurs communes étaient vives, toujours présentes malgré les années mais ils la vivaient différemment. Il était difficile de savoir jusqu’à quel point cela pouvait l’affecter. Mais il était là. Il essayait d’être là, de son mieux, lui si gauche et si bourru. Il porta la main à la nuque de son ami, comme pour marquer la réciprocité de la promesse qu’il venait de lui faire. Il ne faisait pas confiance à ses lèvres, à son cœur, pour l’exprimer. Il savait qu’il ne s’en formaliserait pas, trop habitué à sa rudesse, à chercher dans ses gestes l’expression de ses sentiments, loin d’être expansif. Dans son geste, la promesse d’essayer de faire de son mieux, d’essayer d’être là résonnait. Mais il savait que cela serait difficile. Il ne pouvait prétendre être son égal. Il savait également les responsabilités que le grade de Général imposait.  
Trop de responsabilités. La faiblesse, l’hésitation ne pouvaient plus être visible chez eux, à des degrés différents. Demain, il reprendrait donc tout normalement. Comme si rien ne s’était passé. Parce que c’était ce qu’on attendait d’eux, de lui. D’être infaillibles. D’être solide comme des rocs. D’être le point d’accroche quand les recrues avaient l’impression que le monde s’écroulait. D’être là. Contre vents et marées, peu importe leur douleur. Je suis là. Unis, présents pour s’apaiser, tenter de s’apaiser. Pour tenir et être ce qu’ils devaient être.

« Allons boire à leurs santés. J’offre même la première tournée. Allons boire à cette journée trop longue et à toutes celles qui nous attendent encore ! ».

Boire un verre. Encore un geste anodin plein de signification à ses yeux. C’était presque un rituel. Tout l’était. Qu’aurait été sa vie, après Asmaa, après Audran, s’il n’y avait pas eu ces verres partagés, ces piques affectives, ces échanges endiablés qui rythmaient la vie de la Résistance ? La Résistance lui apportait autant de raisons de pleurer que de vivre, de rire, d’être. D’être là.

« Je serais raisonnable cette fois » lança-t-il, le sourire en coin, à l’approche de ces bancs et de ces tables qui avaient vécu ses excès. Combien de fois le Général avait-il dû le raccompagner jusqu’à ses quartiers, trop imbibé qu’il était pour s’en rappeler le chemin ? Comme si la base se transformait en un labyrinthe ces soirs-là, si différente de celle dont ils arpentent les couloirs chaque jour depuis tant d’années. Combien de fois n’avait-il pas quitté celle de Diarmuid le lendemain matin, l’œil vitreux et la bouche pâteuse ? Loin d’être glorieux, le pas trainant.
Les rires fusent, aussi bien d’eux qu’autour d’eux. Cet endroit lui avait toujours semblé comme hors du temps. Hors de la guerre. L’espace d’un instant, ce qui se passe en dehors de ces murs est oublié, à grands renforts d’alcool. L’espace d’un instant, il redevenait ce gamin rieur qu’il avait été. Qu’il aurait continué d’être s’il n’avait pas répondu à l’appel de la Résistance. Ils avaient été si jeunes à l’époque.

Les verres s’enchainaient. Il n’était pas sûr d’en mener large, encore une fois. Diarmuid lui semblait égal à lui-même ; intouché par les effets ravageurs de leurs breuvages. Inébranlable. Sehrin s’imaginait déjà le visage de son ami, quand il arriverait défraichi aux entraînements. Ô comme il pouvait déjà entendre les boutades – douceurs amicales – l’accueillir.

L’alcool coulait et le poids de cette journée infinissable semblait s’ôter de ses épaules. La tension qu’il avait ressenti – et infligé à son pauvre camarade – laissait place aux idées si stupides que lui soufflaient généralement les liquides ambrés qui avaient défilé sous son nez. Pauvre Diarmuid, qui avait dû tant de fois l’écouter les exposer. Pauvre de lui, qui avait dû refreiner ses ardeurs. Ou l’encourageait-il ? Il ne s’en rappelait plus tellement.
« Tu sais quoi ? On devrait construire une barricade » marmonna-t-il, « je sais pas pourquoi… Mais ça serait marrant ».

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Message Re: You're getting on my nerves [Diarmuid]    • Sam 24 Juin - 23:45    



you're getting on my nerves

Diarmuid & Sehrin
Diarmuid se souvenait de ses larmes et de la main de Sehrin sur sa nuque espérant le ramener à la raison, la de la raison qu'il n'avait plus, frappant le sol, à moitié fou, n'espérant rien d'autre que la destruction. Parce que c'était plus facile que le deuil, c'était toujours plus facile...
Rien n'était venu bien sûr, le Résistant n'avait pas le moindre pouvoir à déchaîner pour détruire les mondes, l'équilibre ou la simple mémoire de la femme qu'il avait aimé. Peut-être que c'était ça le plus douloureux.
La main de Sehrin l'avait simplement brûlé à sa manière, elle le brûlait encore aujourd'hui, des années après. Diarmuid n'avait pas guéri, il se contentait de sourire, de vivre nuit après nuit et de chanter avec les cordes de sa guitare le conte d'un homme fou de n'avoir pu aimer.
Il n'y avait rien à faire, il n'y avait rien à dire, sa peine le trahirait encore des jours et des nuits, c'était ce que faisait la douleur, son but sauvage, immortel. Des hommes étaient tombés avant lui, des hommes tomberont encore, des femmes aussi sans plus aucune lumière, aucun soleil.
Ne restaient que des fous convaincus de porter l'espoir, de le prêcher aussi lorsque leur coeur était aussi vide que leur âme.
Leurs âmes à tous.
Il y avait du monde au mess, des visages connus et certains se levèrent vers eux, certains leurs sourirent.
Diarmuid et Sehrin ne prirent place à une table que de deux. Très vite, on leur apporta à boire, prestige de l'uniforme, prestige aussi de “ces deux là ont eu assez de merde pour plus d'une vie, on leur donne au moins ça”. Ouais, parmi leurs amis, certains donnaient juste de la pitié.

Des mots s'échappèrent entre plusieurs de leurs rires, parfois ils n'avaient même pas de sens, ils s'en foutaient.
Ils se comprenaient.
Diarmuid savait que Sehrin aimerait encore un jour, Audran l'avait préparé à cela, et Sehrin, que sans un mot, sans un regard vers eux, Diarmuid s'en irait au sacrifice. Des prémonitions qui flottaient entre leurs gestes, dans le fond de leurs verres, dans les regards qu'ils échangeaient. D'une certaine manière, tous à la base le savait aussi. Tous...

”Une barricade de chaises et de tables vides, pour ne pas voir que plus personne ne s'y assoit...”

Et qu'est-ce qu'il racontait? Parce qu'Audran venait d'éclater de rire là, à côté de lui.
Entre ses deux amis.
Il riait, les dents blanches, séducteur et insolent, regardant tour à tour Sehrin puis Diarmuid, leur accordant chacun la même attention affectueuse sans les privilégier d'une demie seconde de trop. La table n'était prévue que pour deux, il leur fallut se serrer, mais qu'importe?
Audran ne buvait pas, Diarmuid voulut lui tendre son verre, le jeune homme préférait cependant qu'il le boive, lui.
Il but.

”Non mon vieux, des barricades on en a bien assez comme ça tu crois pas? Elles nous détruisent de l'intérieur... Et puis les révoltes, elles échouent toujours, faut pas de révolution, ça c'est un mensonge géométrique, on te fait croire que tout change mais finalement tu atterris à ton poids de départ. Faut des rébellions, des putains de rébellions... Et faut résister, ouais. Dire non et relever la tête”

Ils auraient pu être au sommet de cette foutue barricade, un après midi de printemps lourd et poisseux, à attendre l'ennemi avec juste des armes de fortune entre leurs mains. Et puis Shirakz derrière lui, dans une robe au tissu fin, la poitrine à moitié découverte et...allons bon, c'était quoi ce fantasme encore?

”On a pas besoin de ça pour chanter, mon gars. “

Pour Diarmuid, la salle semblait pleine de fantômes, il avait envie de pleurer et but encore.

Certains de nous tombent, certains de nous vivent....Je vis et je ne finirai pas la soirée seul, j'ai déjà bien assez de ma vie”

Rire, rire jusqu'au Jugement Dernier...

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